Aphorismes XV, de la bêtise

Un article de Caverne des 1001 nuits.

Avant de parler de la bêtise, il faudrait s'interroger si cet acte n'est pas intrinsèquement « bête ».


Taxer quelque chose d'idiot, ou d'imbécile, est un jugement de valeur ; or tout jugement de valeur implique une grille de lecture et un référentiel de pensée ; or tout référentiel de pensée suppose des axiomes ; or la plupart des axiomes sont contestables et personnels. Taxer de bêtise quelque chose ou quelqu'un est donc un acte purement subjectif, dans le fait que l'on choisit ses axiomes et que l'on ne fait que juger du décalage entre cette supposée bêtise et ses propres axiomes.


Recherche ce qui est bête, sans juger : tu y trouveras des vérités sur toi-même.


Que fait l'idiot ? Il taxe les autres de bêtise.


Quand on qualifie quelque chose ou quelqu'un de bête, c'est soi que ce quelque chose ou ce quelqu'un l'est, selon nos critères personnels ou sociaux, soit que l'on refuse sa différence en ne comprenant pas son comportement.


Quand on voit la bêtise, on ne voit que les limites de notre propre compréhension.


Les sages ont toujours été pris pour des fous ; ainsi la sagesse passe toujours inaperçue dans notre monde, surtout pour celui qui voit de la « bêtise ».


Utiliser le référentiel de la bêtise, c'est se placer dans le rôle de l'intelligent : c'est à la fois un grand signe d'orgueil, et un signe d'égarement manifeste.


Au lieu de juger de la bêtise des autres, préoccupe-toi de la tienne.


Certains idiots possèdent des secrets que tu ne comprendras jamais.


La bêtise s'appuie sur la lecture littérale des choses, des actes, des personnes et de leurs apparences. Or derrière l'apparence de la bêtise se cache la profondeur du sens.


L'analyse de la bêtise est une démarche exotérique.


Critiquer le bon sens, c'est faire preuve d'un manque de bon sens.


La plupart des intellectuels confondent intelligence et jugement.



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