La voie du destin

Un article de Caverne des 1001 nuits.

Version du 14 août 2007 à 11:51 par Alzeituni (Discuter | Contributions)
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Ceux des ces gens qui auront commis l'injustice seront atteints par les mauvaises conséquences de leurs acquis et ils ne pourront s'opposer à la puissance d'Allâh.[1]

Il y a deux manières de ne pas se soucier des conséquences de ses actes.

La première est de mal agir et d'être entraîné dans la spirale des mauvaises actions, chacune appelant la suivante. Dans ce cas, les conséquences de nos mauvaises actions nous pilotent, encore et encore, d'année en année et nous finissons toujours par payer le mal originel, même si ce dernier reste caché aux yeux des hommes.

La seconde est de ne point mal agir et d'être ainsi libéré des potentielles conséquences de ses actes. En effet, que les conséquences soient bonnes ou mauvaises, notre action n'ayant pu être différente, nous n'avons pas de responsabilité dans les conséquences. Vient un jour où le cœur sent cet état.

Dans cette seconde solution, nous ouvrons la possibilité d'être sensibles au Destin, car nous ne sommes pas dans l'engrenage des conséquences de nos mauvais actes, engrenage qui nous voile la réalité. C'est cet engrenage qui rend la vie prévisible pour les créatures. Car il est une certitude : c'est que l'homme peut causer sa propre perte. Combien d'hommes préfèrent une misère qu'ils connaissent à un destin qu'ils ne connaissent pas ?

Allah nous regroupera tous. Et vers Lui est la destination.[2]

Lorsque la voie du Destin est ouverte, les conséquences deviennent miraculeusement indépendantes des causes et nous réalisons que nous ne maîtrisons rien de ce qui nous arrive. Nous réalisons aussi que la logique des causes et des conséquences est moins intuitive que nous pourrions le croire, et qu'elle aussi, en définitive, est un voile sur la réalité. Car, qui connaît vraiment les causes et les conséquences de ce qu'il fait ?

Le problème des créatures est qu'elles souhaitent maîtriser le "bien" qui leur arrive, or le bien vient de Dieu. Néanmoins, ces dernières ont un pouvoir sur la maîtrise du mal qui leur advient car c'est dans le domaine du mal que l'homme peut anticiper, avec assez de justesse, les effets logiques de ses propres actions.

La raison, le "petit intellect", nous sert à anticiper les conséquences des actes mauvais que nous pourrions faire afin que nous décidions de ne pas les faire et de nous soumettre à la Loi divine.

Quand un acte mauvais a été fait, il faut alors tenter de le corriger dans le monde des hommes, avant d'en appeler à la Miséricorde divine durant le repentir.

Allah est certes le Pardonneur, le Très Miséricordieux.[3]

Il faut prendre exemple sur Lui pour le pardon, pour les autres bien sûr mais aussi pour soi-même. Car, ne pas se pardonner revient, sous certaines conditions, à faire un acte mauvais contre soi-même. Pardon et repentir vont alors de pair, si l'on ressent au fond de son coeur ce qu'est le péché.

Prendre la voie des actes bons revient à offrir les conséquences de ses actes à Dieu et, par conséquent, à se dégager de tout bénéfice ou toute perte attendus de ces actes. C'est la voie de l'action pieuse.

[modifier] Références

  1. Coran XXXIX, 53.
  2. Coran XLII, 15.
  3. Coran XLII, 5.


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