L'homme de Dieu, par Ibrahims Kone

Un article de Caverne des 1001 nuits.

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Version du 26 juillet 2007 à 10:48

Il était majestueux et superbe dans sa tenue blanche
Du haut de l’autel il parlait aux fidèles
Le doigt pieusement levé vers le ciel
Le chapelet pendu au cou, le coran serré contre la hanche
Il leur parlait de l’enfer, du purgatoire et du châtiment
Du coin de l’œil il observait la peur qui sévissait
Sur les visages exsangues de la foule qui frémissait
Satisfait, il étouffait sous ce chaleureux sentiment
C’était un bel homme qui sans doute irait au paradis
Sa barbe enduite de henné pendait jusqu’à la poitrine
La blancheur de ses habits reflétait comme une vitrine
La lumière vive du soleil qui aveuglait les plus hardis
C’était un homme très proche de Dieu
Une marque noire sur son front dégarnis
Trahissait les nombreuses prières de jour et de nuit
Et faisait de lui en ce lieu l’être le plus pieux
« Je vous dis en vérité » disait- il
« Dieu est très dur en châtiment et rancunier… »
« Sauf pour moi bien sûr » pensait-il
Puisque les offrandes affluaient dans le panier
Son Dieu dont l’un des noms est pourtant miséricorde
Prenait des allures d’un singulier solitaire
Qui selon son humeur refuse ou accorde
Le pardon d’un péché innocent ou volontaire.

Ibrahims